Le Devoir, 27 June 2008, Marie-Andrée Chouinard
C'est une volée de bois vert que reçoit - encore! - le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) dans le jugement de la Cour suprême sur l'affaire Charkaoui. Pour délivrer son certificat de sécurité, le gouvernement n'a pas disposé d'une preuve entière, que le SCRS aurait dû lui fournir. Au nom de la protection nationale, peut-on pratiquer l'arbitraire et obéir à de fumeux principes? Nenni!
Après quelques années de bataille, le Montréalais d'origine marocaine Adil Charkaoui doit voir dans le jugement unanime de la Cour suprême, rendu hier, non pas une demi-victoire mais plutôt un gain appréciable. Les magistrats ont parlé: les certificats de sécurité comme celui qui fut délivré contre M. Charkaoui en 2003 peuvent, par leur nature même, gravement compromettre les «intérêts fondamentaux de liberté, de sécurité et parfois de droit à la vie de la personne», d'où l'importance suprême de tout mettre en oeuvre pour préserver ces droits. Un principe qui ne fut pas respecté dans le cas de M. Charkaoui.