Communiqué : La Coalition appelle de nouveau à une enquête publique sur les agissements du SCRS dans le dossier de Charkaoui
Montréal, le 23 janvier 2008 - La Coalition Justice pour Adil Charkaoui déplore les propos contenus dans un article du journaliste Graeme Hamilton, publié aujourd'hui dans le journal National Post et affublé d'un titre des plus sensationnalistes. Cette nouvelle attaque contre la réputation de M. Charkaoui fait suite à la publication d'autres allégations de nature diffamatoire à l'endroit de M. Charkaoui, contenus dans un article paru au mois de juin dernier dans le journal La Presse, après le coulage criminel d'un document confidentiel du SCRS. La Coalition exige donc à nouveau que le gouvernement mène une enquête publique pour faire lumière sur les actes du SCRS dans le dossier de M. Charkaoui.
L'article paru dans le National Post est basé sur un résumé public d'une entrevue avec M. Charkaoui, qui soi-disant aurait eu lieu en 2001. Le contenu de cette entrevue a été divulgué à la Cour fédérale la semaine dernière, au cours d'une audience secrète. Le contenu de cette entrevue n'a pas été fourni aux Ministres qui ont signé le certificat de M. Charkaoui, et n'avait pas auparavant été dévoilé à la Cour fédérale. Cette divulgation tardive, qui survient près de sept ans après la date alléguée de l'entrevue, soulève de sérieux questionnements. Cette situation n'est pas sans rappeler un événement semblable, survenu en janvier 2005, au cours duquel le SCRS a soudainement publié un résumé de quelques phrases basé sur deux entrevues qui n'avaient pas auparavant été dévoilé, et ce la veille d'une audience de révision de détention.
Dans le présent cas, cet assaut à l'endroit de la crédibilité de M. Charkaoui survient une semaine avant le début d'une audience devant la Cour suprême, portant sur le fait que le SCRS a détruit des preuves secrètes figurant au dossier de M. Charkaoui. Il a effectivement été révélé en janvier 2005 que le SCRS avait détruit les enregistrements d'autres entrevues avec M. Charkaoui. Cette destruction des enregistrements fait en sorte que la Cour n'a maintenant accès qu'aux résumés secrets préparés par le SCRS. Ceux-ci contiennent une information sélective, prise hors de son contexte et possiblement fausse. L'audience devant la Cour suprême aura lieu jeudi le 31 janvier à Ottawa.
M. Charkaoui souhaite ardemment réitérer le fait qu'il n'est pas et qu'il n'a jamais été un terroriste ou un membre d'une organisation terroriste. Il nie catégoriquement avoir affirmé des choses sur d'autres membres de la communauté musulmane qui auraient pu lier ces derniers à de telles activités. Une fois de plus, il met le SCRS et le gouvernement au défi de fournir des preuves conformes aux standards d'une cour de justice, telles quelles des enregistrements complets plutôt que des résumés biaisés.
La Coalition demande à tous les journalistes et médias qui agissent dans l'intérêt du public de se remémorer les conclusions de la Commission Arar et de remettre en question les motifs derrière les coulages d'information. La Coalition supplie également aux journalistes de faire preuve de prudence lors de l'utilisation de termes imprécis et comportant un lourd sens politique, tels que « extrémiste » ou « terroriste soupçonné ». De tels mots peuvent entraîner et entraînent dans les faits des atteintes réelles aux vies et à la réputation de plusieurs individus et causent des torts au sein de la communauté musulmane plus large.
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