Coverage of press conference: leak of secret information

    Coalition Justice for Adil Charkaoui, June 2007
 
The following is a selection of articles and extracts of coverage of the press conference Charkaoui, the Coalition and his lawyers held to respond to the criminal leak of secret information in his file.

Charkaoui demande une enquête publique
Le vendredi 22 juin 2007, Presse Canadienne

Adil Charkaoui a nié vendredi avoir trempé dans un complot terroriste à être réalisé probablement en Europe, comme le laisse entendre un document du Service canadien du renseignement de sécurité obtenu par le quotidien La Presse.

«Je tiens à nier toute implication dans un complot quelconque. Ce sont de purs mensonges,» a-t-il indiqué en conférence de presse.

Furieux du coulage de ce document, que lui et ses avocats n'ont jamais vu, Adil Charkaoui et ses procureurs ont réclamé une enquête policière, faisant valoir que la fuite d'un document secret est un geste criminel.

Il a également demandé au premier ministre Stephen Harper d'intervenir, estimant que le ministre de la Sécurité publique, Stockwell Day, avait perdu la main: «M. Stockwell Day ne peut plus contrôler ses troupes (...) Je ne peux plus faire confiance à M. Stockwell Day et je demande au premier ministre Stephen Harper de mettre sur pied une commission d'enquête publique sur les agissements du SCRS; dévoiler des documents ultra-secrets est criminel au Canada.»

Il estime par ailleurs que le moment de ce coulage n'est pas un hasard puisqu'il survient alors que des procédures sont entamées en vue de contester en Cour suprême les méthodes de fonctionnement du SCRS.

De plus, M. Charkaoui note que non seulement c'est un agent de SCRS qui a remis le document à La Presse il y a plusieurs semaines, mais qu'une source gouvernementale l'a authentifié au lendemain de la diffusion d'une vidéo montrant des terroristes à l'entraînement en Afghanistan en vue de mener des opérations terroristes au Canada notamment.

Adil Charkaoui en déduit qu'on a voulu se servir de lui pour démontrer que la menace est bien réelle et pour mousser la mission canadienne en Afghanistan, alors que l'opposition à cette mission s'intensifie.

«Que, quelques jours après que (la chaîne de télévision américaine) ABC ait dévoilé dans un documentaire que les méchants talibans s'apprêtaient à faire tomber des avions avec leurs turbans, l'on vienne m'utiliser comme une tête de turc, comme une carte, pour faire monter la popularité de la mission en Afghanistan, je trouve ça insultant, méprisant à mon égard.

«Ils sont en train de salir ma réputation et je n'arrive pas à me défendre devant les cours, devant les tribunaux, mais je dois le faire devant les médias.»

M. Charkaoui, un résident canadien permanent d'origine marocaine âgé de 33 ans, note que celui que ce document identifie comme étant son présumé complice, Hisham Tahir, est toujours en liberté. Il affirme que leur relation se résume à avoir fréquenté la même mosquée, travaillé dans le même restaurant et joué ensemble au soccer.

Il fait valoir au passage que le nom de Hisham Tahir a été retiré par le juge Simon Noël de la liste de ses présumés contacts terroristes, ce qui indique, selon lui, qu'il s'agissait d'une fausse piste.

Malgré tout, le SCRS s'acharne, par vengeance, selon lui.

«Le SCRS a voulu m'enrôler pour que je devienne un mouchard contre ma propre communauté. Parce que j'ai refusé de travailler pour le SCRS, je suis en train de subir une campagne de salissage et de privation de mes droits constitutionnels comme le Canada n'a jamais connu auparavant.»

Adil Charkaoui a été arrêté à Montréal il y a près de quatre ans e vertu d'un certificat de sécurité.

Il a passé 21 mois en détention. Maintenant libéré, il demeure soumis à de sévères conditions.

Il n'a pas subi de procès et n'a donc pas fait l'objet d'un verdict de culpabilité.

Il a cependant réussi dans une première cause devant la Cour suprême à faire déclarer inconstitutionnels les certificats de sécurité.


(...) Charkaoui nie en bloc
La Presse, 22 juin 2007

Une source gouvernementale a confirmé à La Presse que ces informations, qui n'ont jamais été prouvées devant les tribunaux, ont été utilisées par les autorités canadiennes pour obtenir d'un juge de la Cour fédérale un certificat de sécurité à l'encontre de M. Charkaoui. ((NOTE: The Solicitor General and the Minister of Immigration issue security certificates, not a federal court judge. In fact Charkaoui's certificate has not been upheld in court and his case has been in suspension since spring 2005.))

« Je nie catégoriquement toutes ces allégations. C'est une atteinte grave à ma réputation. Couler de l'information de la sorte en dehors des règles d'usage de la Cour fédérale, de la Commission d'accès à l'information démontre que le SCRS est en train de colmater les brèches pour cacher son incompétence et l'erreur qu'ils ont commise depuis le début en ouvrant une enquête contre moi », a affirmé M. Charkaoui à La Presse au cours d'une conversation téléphonique.

Il a ajouté qu'il a pris l'avion à quelques reprises entre la date de la présumée conversation avec Hisham Tahir en 2000 et l'année de son arrestation en 2003.

« Vous dites que cela s'est passé en l'an 2000. J'ai pris l'avion de Montréal à JFK (New York), de JFK à Casablanca et je suis revenu dans un autre avion. (...) J'ai vécu à Montréal libre comme l'air de 2000 à 2003. Et comme par enchantement, ils ont signé un certificat justifié par une petite conversation que vous venez de me dire en 2000. Moi, je vous dis : tout cela, ça ne tient pas. On a besoin d'une commission d'enquête publique pour que les enquêteurs qui ont fait l'enquête contre moi soient tenus responsables de leurs actes, comme ça été fait pour la GRC dans le cas de Maher Arar », a-t-il affirmé. (...)

Le cas de Maher Arar
La Presse, Le vendredi 22 juin 2007

Adil Charkaoui n'est pas le premier à livrer une dure bataille pour recouvrer la liberté. Le gouvernement canadien a été contraint de reconnaître ses torts dans l'affaire de Maher Arar.

Ce Canadien d'origine syrienne, qui a obtenu des excuses et une compensation financière de 10 millions de dollars du gouvernement l'an dernier, a été arrêté dans un aéroport de New York en 2002 par les autorités américaines qui l'accusaient d'avoir entretenu des liens avec Al-Qaeda. M. Arar été ensuite expulsé en Syrie où il a passé un an en prison et a été torturé.

Il a été libéré en 2003 et une commission d'enquête publique présidée par le juge Dennis O'Connor l'a blanchi de toutes les allégations qui pesaient contre lui. La commission a sévèrement critiqué le rôle de la GRC dans cette affaire.


Adil Charkaoui exige une enquête publique

Radio Canada, 22 juin 2007

Visiblement en colère, le résident permanent d'origine marocaine Adil Charkaoui a appelé, vendredi, lors d'une conférence de presse, les autorités canadiennes à enquêter sur la divulgation par le quotidien La Presse d'un document des services secrets l'incriminant.

La Presse a en effet dévoilé, vendredi, le contenu d'un document secret envoyé à ses journalistes par une source anonyme et dont un segment accuse Adil Charkaoui d'avoir discuté, le 25 juin 2000, du détournement d'un avion de ligne en partance de Montréal.

Ces informations auraient été utilisées par le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) pour justifier auprès d'Ottawa, trois ans plus tard, en 2003, l'émission d'un certificat de sécurité à l'encontre de M. Charkaoui.

Pour M. Charkaoui et ses avocats, il ne fait aucun doute que les auteurs de la fuite d'information ont violé la loi canadienne en divulguant des informations secrètes. M. Charkaoui estime faire les frais de l'impopularité de la mission canadienne en Afghanistan, les autorités cherchant, selon lui, à l'incriminer pour prouver l'existence de la menace terroriste au pays.

Ainsi, selon un document secret intitulé « Former Terrorist Training Camps in Afghanistan: Major Sites and Assessment » et obtenu par La Presse, Adil Charkaoui aurait planifié un acte terroriste avec un autre individu soupçonné d'avoir fréquenté des camps d'entraînement d'Al-Qaïda un an auparavant, Hashim Tahir.

Le SCRS soutient que les deux hommes « planifiaient un attentat terroriste en prenant possession d'un avion en partance de Montréal vers une destination inconnue à l'étranger, possiblement en Europe, selon un modus operandi comparable à celui qui a été utilisé lors des multiples attentats terroristes du 11 septembre 2001 ».

Le document obtenu par La Presse ne précise cependant pas si les autorités canadiennes sont bel et bien en possession d'un quelconque enregistrement incriminant, pas plus, en fait, qu'il n'est fait mention de la place que prend ce même document dans l'ensemble de la preuve déposée en secret contre Adil Charkaoui.

M. Charkaoui, qui a passé 21 mois en prison sous le coup d'un certificat de sécurité et qui, depuis février 2005, doit se plier à de strictes conditions de remises en liberté, nie catégoriquement avoir planifié un détournement d'avion.

Joint par La Presse, le ressortissant marocain estime que le document est une atteinte grave à sa réputation et qu'une telle divulgation d'informations est « en dehors des règles d'usage de la Cour fédérale et de la Commission d'accès à l'information ».

Les services secrets ont toujours refusé, prétextant la sécurité nationale, de détailler leurs accusations à l'encontre d'individus sous le coup d'un certificat de sécurité. Il appert que le document incriminant M. Charkaoui aurait été rédigé grâce à la collaboration des services secrets américains, britanniques, néo-zélandais et australiens. Ces pays sont tous membres, ainsi que le Canada, d'un important réseau mondial d'écoute électronique, nommé Echelon.

Réaction de Stephen Harper

En conférence de presse, dans le cadre de son bilan de session, le premier ministre Stephen Harper a déclaré qu'il ne ferait pas de commentaire sur un cas qui est déjà devant les tribunaux, comme celui d'Adil Charkaoui. « Les questions sont bien sérieuses», s'est-il contenté de dire.

Le principe même des certificats de sécurité est très contesté au Canada. Ainsi, la Cour suprême a donné à Ottawa, en mai dernier, un an pour revoir la législation à ce propos afin de la rendre conforme au droit canadien.

Le premier ministre Harper a promis vendredi que le gouvernement présenterait des modifications aux certificats de sécurité lors de la rentrée parlementaire de l'automne.

Le SCRS a également fait part de son refus de commenter l'affaire. « Le Service prend toute allégation concernant une fuite possible de documents au sérieux, et n'excuse jamais la divulgation non autorisée d'information. En règle générale, le Service ne fait aucun commentaire sur les sujets opérationnels », indique une déclaration écrite du SCRS.

Charkaoui denies talking about terrorist plot
Moroccan-born Montrealer demands federal inquiry into his security certificate
CBC, Friday, June 22, 2007

A Moroccan-born Montreal man accused of being a terrorist denies new reports alleging he was part of a plot to hijack a plane and fly it into a building in Europe.

Adil Charkaoui, who has been accused of being an al-Qaeda sleeper agent, said Thursday he has never been involved in a terrorist plot.

Charkaoui is calling for a federal and police inquiry into allegations against him, and has demanded the outstanding security certificate in his name be revoked. "A line has been crossed," he said on Friday.

The French teacher, 33, was responding to a report in the Montreal newspaper La Presse. It cited a Canadian Security Intelligence Service document that alleges Charkaoui followed two Al-Qaeda training camps in Afghanistan, and in 2000 talked about plans to fly a plane into a building in Europe with another man, Hisham Tahir.

The document, called Former Terrorist Training Camps in Afghanistan: Major Sites and Assessment, was the basis for a security certificate issued against Charkaoui in 2003. The certificate brought about his arrest and
detention for nearly two years without him being charged with anything.

Charkaoui accused the federal government of leading a smear campaign against him by leaking classified information even his lawyers haven't seen.

While he admits he did know Tahir, who attends the same Montreal mosque and once worked at his pizzeria, Charkaoui insisted in all their conversations they never talked about a plot to crash a plane.

"These are pure lies. And I think the context is really surprising," he said in French. "I cannot trust [federal Public Safety Minister] Stockwell Day."

Charkaoui is asking Prime Minister Stephen Harper to launch an inquiry to investigate how CSIS handled the security certificates, and also wants the police to intervene.

On Friday, Harper said he wouldn't comment on Charkaoui's concerns.

"This is a case in front of the courts. The government does not make comments. But it is a serious case," he said in French.

Document 'supposed to be secret': lawyer

Charkaoui's lawyer, Johanne Doyon, said the publication of the document violates federal law.

"This is a document that is supposed to be secret," she said. "We are flabbergasted that there was a CSIS leak. And we wonder what the real objective of this leak actually is."

Charkaoui's lawyers have not been able to access the document despite their lengthy court battle against the security certificate.

The Supreme Court agreed last winter to hear an appeal from Charkaoui, who wants to contest the security certificate proceedings launched against him by Ottawa on the grounds CSIS tainted evidence used to detain him.

The country's top court has already struck down the security certificates in a groundbreaking decision released in February 2007 that determined they violated the Charter of Rights and Freedoms. But the court suspended the ruling for 12 months, to allow the government enough time to rewrite security laws, effectively meaning the security certificates are valid until further notice.

Charkaoui's Supreme Court of Canada case is expected to be heard sometime next year.

Interview avec M. Charkaoui
Radio Canada, 22 June 2007

Charkaoui nie les allégations
Radio Canada, 22 June 2007