Communique : Charkaoui intente une poursuite pour obtenir des excuses

Montréal, 10 Mars 2010 - La lutte d'Adil Charkaoui pour rétablir sa réputation l'a amené deux fois devant la Cour Suprême avant que le certificat qui pesait contre lui ne soit finalement révoqué en 2009 par la Cour fédérale sans possibilité d'appel. Aujourd'hui, presque sept ans après son arrestation en vertu d' « un certificat de sécurité », M. Charkaoui intente une poursuite pour réclamer des excuses.

En décembre dernier, les avocates de M. Charkaoui ont mis en demeure le gouvernement en demandant des excuses, la citoyenneté et une réparation raisonnable pour M. Charkaoui. Étant donné la réponse négative du gouvernement, l'équipe de défense menée par Me Johanne Doyon a déposé formellement une poursuite au civil devant la Cour supérieure du Québec.

« C'est une question de principe. Je veux rétablir ma réputation et je veux que les autorités canadiennes reconnaissent leurs erreurs », a dit le professeur de français âgé de 36 ans. « Si les responsables de cette injustice n'ont pas à rendre de comptes, qu'est-ce qu'ils vont pouvoir faire d'autre et s'en tirer? »

Charkaoui poursuivra Ottawa pour 24,5 millions

Radio Canada, 12 mars 2010
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/National/2010/03/12/003-charkaoui-p...

Visé par un certificat de sécurité pendant six ans, le Montréalais d'origine marocaine Adil Charkaoui a l'intention de poursuivre Ottawa pour 24,5 millions de dollars pour atteinte à sa réputation.

Le gouvernement fédéral le soupçonnait d'appartenir à un réseau terroriste lié à Al-Qaïda, ce qu'il a toujours nié.

M. Charkaoui réclame une indemnisation en son nom et en celui de ses trois enfants. Il a indiqué que la poursuite civile avait été déposée devant la Cour supérieure du Québec à la fin de février.

Ce n'est pas une question d'argent, a-t-il assuré, mais de rebâtir sa réputation et de recouvrer sa vie.

Adil Charkaoui a indiqué en entrevue à la Presse canadienne qu'il ne voulait pas publiciser la nouvelle parce que ses avocats finalisaient la poursuite. Mais il s'est échappé plus tôt cette semaine et a mentionné la poursuite lors d'une conférence qu'il donnait à Sherbrooke.

Mourad Ikhlef

Un Algérien déporté par le Canada aurait été interrogé sous la contrainte

Sue Bailey et Jim Bronskill, Presse canadienne, 16 décembre 2009

MONTREAL — Le Canada a déporté un réfugié afin qu'il réponde de ses gestes auprès des services de renseignements algériens qui sont reconnus pour abuser de leurs pouvoirs, où il a été interrogé sous la contrainte et s'est vu refuser un avocat, a soutenu Amnistie internationale mercredi.

Un organisme consultatif de l'Organisation des Nations unies a déclaré que l'ancien Montréalais Mourad Ikhlef, renvoyé en Algérie en vertu d'un certificat de sécurité nationale, a été incarcéré et interrogé en violation des principes juridiques de base.

Amnistie internationale a indiqué que M. Ikhlef a été détenu sans contact avec l'extérieur, alors que sa femmes et ses deux enfants sont demeurés sans lui à Montréal où ils vivent depuis six ans.

Invitation : Fête pour célébrer la victoire

... et notre Solidarité !

Chers amiEs, alliéEs et supporteurs,

Après six longues années de lutte, le temps est enfin venu de célébrer une victoire majeure dans la bataille contre le régime des certificats de sécurité. Adil Charkaoui et la Coalition vous convient à une fête jeudi le 26 novembre à 18h, afin de célébrer avec Adil, sa famille, ses amiEs et supporteurs.

La soirée comprendra :

La suspicion du SCRS

Pierre Jury, Le Droit Éditorial, 30 octobre 2009

Les Canadiens sous-estiment la menace terroriste et la faute repose sur les épaules d'« organisations non gouvernementales, de journalistes militants et d'avocats ». Combinée, leur action aurait fait de ceux qui sont accusés d'actes de terrorisme des « quasi-héros » qui sont représentés sous un angle positif, photographiés avec leurs enfants et, grosso modo, crus sur parole.

Ces paroles sont lourdes de sens et illustrent bien la perception qui prévaut, du moins dans les plus hauts échelons du Service canadien du renseignement de sécurité, notre agence d'espionnage. Ces mots sont ceux qu'a prononcés le nouveau patron du SCRS, Richard Fadden, à l'occasion de sa première sortie publique depuis sa nomination en juin dernier.

La Cour révoque officiellement le certificat de sécurité contre Charkaoui

Marie Vastel, Presse Canadienne,  14 octobre 2009

OTTAWA — Après des années de lutte judiciaire contre Ottawa, le Montréalais Adil Charkaoui a été libéré, par la Cour fédérale mercredi, du certificat de sécurité qui pesait contre lui, depuis qu'il a été soupçonné par le gouvernement canadien d'entretenir des liens terroristes.

Le tribunal a également statué qu'Ottawa ne pourrait pas porter la cause en appel.

M. Charkaoui devra toutefois intenter une procédure distincte, s'il va de l'avant avec son souhait de poursuivre le gouvernement, comme il l'avait évoqué à la fin septembre.

Ce Montréalais d'origine marocaine, marié et père de trois enfants, a été soupçonné d'activités terroristes et s'est vu imposer, en 2003, un certificat de sécurité par le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), qui le considérait comme un sympathisant d'al-Qaïda.

Enfin, la victoire!

La Cour fédérale a révoqué aujourd'hui le certificat de sécurité qui a pesé contre Adil Charkaoui depuis plus de six ans. Elle n'a pas autorisé non plus le gouvernement de porter cette décision en appel,  marquant par ce fait la fin du cauchemar qu'ont vécu la famille Charkaoui et Adil.

Conférence de presse:

16H, mercredi le 14 octobre 2009
Centre St-Pierre, Montréal

Vidéo de la Conférence de presse

Conférence de presse : Charkaoui demande des excuses officielles

M. Charkaoui - accompagné par M. Salam Elmenyawi (président, Conseil musulman de Montréal), Mme. Monia Mazigh (militante pour les droits de la personne), M. Bill Siksay, (député pour Burnaby Douglas, NPD), M. Thierry St-Cyr (Porte-parole de Bloc, Citoyenneté et Immigration) - a demandé des excuses officielles durant une conférence de presse au parlement fédérale qui a eu lieu mardi le 29 septembre 2009.

Voir la conférence de presse: cliquez ici.

Charkaoui réclame des excuses officielles

Entretien avec Réné Homier-Roy, Radio Canada, C'est bien meilleur le matin, 30 sept 2009

Établi au Canada en 1995, Adil Charkaoui, 36 ans, a le statut de résident permanent. Le gouvernement fédéral le soupçonnait d'appartenir à un réseau terroriste lié à Al-Qaïda, ce qu'il a toujours nié. Il a été arrêté en mai 2003 en vertu d'un certificat de sécurité. La juge Danièle Tremblay-Lamer, de la Cour fédérale, a levé les dernières conditions de remise en liberté qui pesaient sur Adil Charkaoui, jeudi dernier. René Homier-Roy s'entretient avec lui. Écouter l'emission.

Certificats de sécurité - Argent perdu

Josée Boileau, Le Devoir, 02 octobre 2009 

Après la légalité, voilà que l'économie s'en mêle: les certificats de sécurité, qui doivent protéger les Canadiens contre le terrorisme, coûtent cher et rapportent peu. Tout cela même au moment où les personnes visées par ces certificats accumulent les victoires judiciaires. Que de temps et d'argent perdus!

Les certificats de sécurité, tels qu'on les désigne depuis 1991 dans la loi sur l'immigration, ont un lointain passé: pendant la guerre froide, le gouvernement a voulu se garder la possibilité de chasser les indésirables du pays sans s'appuyer sur autre chose que des soupçons raisonnables, qui n'avaient pas à être divulgués. L'approche est restée et au gré des événements, les ministres concernés en ont plus ou moins usé, rappelait la semaine dernière le Globe and Mail.